Les phobies d’impulsion, la peur de faire quelque chose de mal!

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Les phobies d’impulsion, quand on les ressent, apparaissent comme un mystère :

Alors que je suis le plus doux des êtres humains, que je respecte fondamentalement autrui, et que toute mon éducation m’a appris à être bienveillant, je sens en moi des pensées qui me présentent les pires choses que je pourrais faire. Ces pensées m’envahissent comme si elles étaient plus fortes que moi. Elles s’énoncent si clairement et prennent tellement de place dans mon esprit… Plus je tente de lutter et plus elles m’envahissent.
Gaspard est un jeune homme très amoureux. Il est en phase de découverte de la vie à deux et veut se consacrer à son couple. Tout est prêt ce soir-là pour un dîner romantique. Son amie et lui sont tranquillement à table. Et, soudain, chez Gaspard, s’impose l’envie irrépressible de prendre le couteau et de le planter dans le corps de son amie. Cette pensée impérative se formule en lui comme une injonction : « Tu dois ». Elle devient tellement forte que Gaspard va, ce soir là, prendre ses jambes à son cou et s’enfuir. Cette crainte de revivre un moment comme celui-ci va rester cachée de longues années. Il éprouve de la honte à l’idée d’en parler et même de se l’avouer à lui-même. Au final, un travail thérapeutique centré sur le stress et sur la meilleure compréhension de lui-même lui permettra de se sentir soulagé.

La question centrale de la phobie d’impulsion est de se demander si on peut perdre le contrôle de soi au point de faire du mal à soi même ou à autrui, si on peut devenir le jouet de ses propres pensées, se laisser déborder par des forces incontrôlables.

Tout le monde peut, à un moment ou à un autre, être traversé par une idée bizarre, une pensée absurde : « tiens, et si je me jetais à l’eau du haut de ce pont ? » ; « ce verre de vin, je vais en asperger mon voisin ». Mais il suffit en général de laisser cette pensée se défaire et disparaître, souvent on sourit et on passe à autre chose. Parfois ces inquiétudes sont accompagnées de sensations physiques envahissantes : on se sent anxieux, angoissé, on a peur. On encore, on se sent submergé par la panique. On se surprend à penser que l’on perd le contrôle de soi.

Les personnalités anxieuses sont très préoccupées par la notion de contrôle de soi. Cette sensation de ne plus se sentir maître de ses pensées va alimenter les affects négatifs et se met en place une spirale de dévalorisation et de manque de confiance en soi. Et pourtant, c’est tout le contraire : en effet, ce qui contrebalance ces pensées insupportable, c’est la culpabilité. On se sent coupable pour quelque chose que l’on ne fera jamais. Les pensées et les actes sont des domaines totalement distincts. Les personnes sujettes aux phobies d’impulsion veulent tellement être parfaits qu’ils ressentent leurs pensées négatives comme un signe de folie ou de perversion, et s’en rendent intensément coupables.

Juliette est infiniment malheureuse. L’an dernier elle a failli avoir un accident de voiture. Une personne qu’elle n’a pu qu’entrevoir a failli être heurtée. Depuis, elle vit dans l’inquiétude de faire du mal : elle ne cesse de se poser des questions sur les circonstances qui pourraient être une mise en danger des autres. Et du coup, elle se retrouve trop souvent dans une angoisse intense à l’idée de faire des choix et d’agir taraudée par la crainte de faire du mal, même sans le vouloir. Elle se sent prisonnière du vertige des possibilités.

Cette peur de commettre contre sa volonté un acte absurde, dangereux, immoral ne s’accompagne pas de passage à l’acte. Il y a lutte intense contre ces pensées ce qui conduit à une culpabilité épuisante. Il arrive que le sujet trouve un apaisement dans la mise en place d’un rituel ou de pensées qui vont le « protéger ».

Une phobie d’impulsion particulière (et fréquente) concerne les craintes d’être homosexuel. A l’adolescence, en particulier, lors des questionnements sur l’identité, il arrive que le jeune homme ou la jeune fille se sente submergé (e) par l’angoisse concernant le choix de ses préférences sexuelles.

Paul a 17 ans. Il a eu par le passé quelques petites amies. Entre garçons, on évoque parfois le fait d’être « homo », de façon dépréciative et insultante : « tapette », « tante »… Paul a appris que son oncle par alliance était homosexuel. Depuis, s’est installée en lui la pensée lancinante, douloureuse par son intensité qu’il était, peut-être, homosexuel. Alors même qu’aucune pensée homophobe ne l’a jamais traversé, il sent en lui une honte intense lorsqu’il se représente amoureux d’un autre garçon. Des images perturbantes s’imposent violemment à lui, sans qu’il ne puisse rien faire.

L’entourage a tendance à banaliser ces phobies et c’est pourquoi, la plupart du temps, la personne qui les subit ne veut pas en parler. La honte et le silence ne font que renforcer l’angoisse. Souvent, le patient a l’impression qu’il devient fou.

Il faut sans hésiter s’adresser à un psychologue, thérapeute, ou psychiatre. La prise en charge amènera un réel soulagement au patient, en lui permettant de verbaliser ses impulsions, de gérer sa honte et sa culpabilité et de vivre en sachant gérer ses angoisses.



 

Psychologue EMDR Sophrologie Eva Marechal est Psychologue et Coach spécialisée dans les thérapies brèves (TCC, relaxation, hypnose, PNL, thérapie systémique, thérapie familiale). Elle exerce à Paris au 29 rue Dautancourt dans le XVIIème. (Consulter en cabinet: 01 42 26 40 27 / en ligne (webcam)) (80€ / 45min)


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